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5. J’ai (enfin) compris

Le billet précédent me laissait pantoise devant des questions fondamentales sur notre passé de couple, sur nos jeux de chambre versus les perspectives d’avenir :

C’était un jeu de chambre mais finalement non? Quelle satisfaction pouvait-il y avoir à être Roxanne? Pourquoi avoir toujours abordé la chose en mode BDSM, et surtout avec autant de scénarios délibérément humiliants?

Entre ces questions et leur résolution, il s’est passé plusieurs mois. C’est que ces questions ont mis du temps à s’articuler. Elles sont nées d’impressions floues, de sentiments confus, d’incompréhensions vagues—le tout mijoté sur une longue période. Elles ont vu mes émotions en tourbillon et, je le dis en toute honnêteté, une certaine colère monter en moi.  Colère et déception sur ce qu’était qu’être une femme aux yeux de la personne que j’aimais. S’il/elle voyait d’un tel oeil être une femme, était-ce ce qu’il/elle croyait que j’étais?

Les jeux de chambre, c’est une chose. Être une femme, ce n’est pas (que) ÇA. Comme je n’avais jamais vu quelque autre trait féminin chez mon époux, j’en comprenais que sa vision de la femme était réduite à ÇA.

Finalement, après une longue conversation avec la principale intéressée, j’ai compris. J’ai compris qu’elle n’avait jamais pu oser et que ce n’était que dans un cadre bien précis, nommément très BDSM, qu’elle pouvait se laisser aller à ne serait-ce qu’un tout petit coin d’une pâle copie d’une photocopie de l’original(e). Porter une robe de nuit, par exemple, alors qu’elle n’était pas dans ce cadre aurait été impensable pour elle. Elle se serait trouvée ridicule, son identité d’homme très homme ne l’aurait pas permis.

Elle devait faire tomber son identité d’homme pour pouvoir enfin être la femme qu’elle souhaitait devenir. Il n’y avait, pour elle, aucune dualité, aucune fluidité possible, aucun espoir de cohabitation civile.

butterfly

D’ailleurs, depuis le jour où Frédéric est tombé au combat (au sens figuré, bien sûr), plus rien de celle qui était à une certaine époque Roxanne n’est revenu. Les voiles BDSM sont tombés pour révéler Florence et je m’en trouve rassurée, réconciliée avec ce qu’est l’image de la femme pour mon épouse.

Toute ma colère et ma déception se sont évaporées lors de cette conversation. Je me demande comment il est possible que je n’aie pas saisi cela plus tôt, surtout en me relisant aujourd’hui.

Billet suivant : 6. Les peurs

 

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