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Articles de la catégorie ‘Désir’

Entretien avec Florence (1re partie)

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Photo by Erkan Utu on Pexels.com

Il y a quelque temps déjà que je voulais faire un entretien avec Florence. Vous avez toute cette histoire de transition de mon point de vue, mais il vous manque l’autre côté de la médaille. J’ai donc préparé quelques questions pour Florence afin qu’elle se révèle un peu mais aussi pour équilibrer mes billets, vous donner (et me donner) du contexte. Voici la transcription de cet entretien en deux parties. Lire la Suite

De désir et de culpabilité

Je cherche comment aborder le sujet depuis quelque temps maintenant. Il faut bien que j’en parle un jour ou l’autre puisque je le vis à tous les jours. Pas évident tout de même, car c’est de désir dont je veux discuter aujourd’hui. Lire la Suite

9. Et ma transition, elle?

Enfin, on y arrive. Oui, c’est ma douce moitié qui fait sa transition d’homme à femme, mais moi, je dois aussi faire une transition à plusieurs égards.

Appelons les choses par leur nom, c’est une transition d’orientation sexuelle que je dois faire. Bien qu’aujourd’hui aucune opération de réassignation sexuelle ne soit prévue, son corps devient celui d’une femme. Je l’aime profondément mais, si notre couple doit survivre, il faut que j’aime Florence passionnément, que je la désire. Et ça, ça demande une adaptation que je dois choisir de faire… même si on me l’impose un peu. Je dois apprendre à aimer, à désirer son corps de femme. Quand on sait que presque tout ce qui est sexualité et intimité est largement émotif et lié à nos instincts, “apprendre à désirer” me semble parfois bien ambitieux…

Surtout, ne lisez pas là des doutes insurmontables. J’ai envie de plonger et j’ai peur en même temps. Simple, non? Ce n’est pas difficile de voir Florence dans ses vêtements féminins, mais de désirer Florence dans ses vêtements féminins, de la désirer dans son corps de femme, en ce moment, c’est plus compliqué. Avec Florence, nous avons convenu de prendre les choses un jour à la fois, une caresse à la fois. Après des moments plus difficiles sur ce plan depuis le début de sa transition, je peux maintenant dire que la mienne avance lentement mais sûrement.

En terminant, n’oublions pas que c’est aussi une question d’affirmation de ma nouvelle orientation sexuelle. Je dois sortir du garde-robe. Je ne vais quand même pas me mettre à expliquer que lorsque je dis “ma femme,” en réalité, elle a encore un appareil reproducteur masculin, donc je ne suis pas vraiment homosexuelle. Non. Quand je dirai “ma femme,” cela voudra dire ma femme, peu importe ce qu’elle a dans le pantalon (ou dans la jupe). Adieu privilège anonyme de femme hétérosexuelle. Bonjour les têtes qui se retournent à la moindre mention de “mon épouse.” Ce sera certainement une adaptation.

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6. Les peurs

Depuis la conversation où j’ai enfin compris la raison du comment du pourquoi, 1) je suis plus relax, 2) nous communiquons beaucoup plus et mieux, 3) je suis plus engagée dans la transition de ma dulcinée, 4) j’ai moins peur.

Parce que, oui, j’ai quand même un peu peur. Pas peur au point d’en être paralysée, de ne plus pouvoir avancer ; des peurs qui sont des craintes, des inquiétudes, des « et si… »

Peur des regards qui se posent sur elle un peu trop longtemps. Peur des moqueries dont elle pourrait faire l’objet. Peur qu’elle n’obtienne pas les résultats escomptés un fois au bout des changements hormonaux. Peur qu’elle se décourage des efforts qu’elle doit continuellement faire. Peur aussi des regards posés sur moi, des jugements. Définitivement peur de ce qui se passera lorsque nous voyagerons ailleurs qu’au Canada—il ne faut pas se leurrer, nous sommes ici choyées.

Peur aussi de ne plus reconnaître son corps qui change tellement vite. Peur d’avoir moins de désir, moins de plaisir. Peur que mon propre corps me trahisse.

Billet suivant : 7. Petits et grands changements

 

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3. Sa vision de la femme?

Un couple fort passe à travers les tempêtes. Un couple fort affronte les épreuves ensemble. Un couple fort relève les défis de la vie. Celui-ci est hors catégorie.

Je vous ai révélé plus tôt que mon mari aimait parfois prétendre être une femme. Il se transformait périodiquement en une version de la femme tout BDSM, et nous entreprenions alors des jeux de chambre pour une période donnée. Ces jeux de chambre nous menaient à toutes sortes de choses plus déglinguées les unes que les autres. Sans aller dans les détails de chacun des événements, sachez que nous avons joué tour à tour tous les rôles imaginables in inimaginables. Bref, depuis les tous débuts de notre relation amoureuse, pour moi, la féminité de mon mari n’en était pas réellement une. C’était un fantasme sexuel tout avoué qui tournait systématiquement autour de la femme soumise et de la pute.

Voilà donc qu’en janvier dernier (2018), mon mari m’annonce qu’il considère sérieusement l’idée d’effectuer une transition d’homme à femme et qu’il entreprend illico une démarche avec une psychologue spécialisée en la matière. Je l’avoue, je ne l’ai pas cru tout de suite ; j’ai par contre pensé que cette fois, ça allait trop loin. L’idée de la femme Roxanne que je connais n’a rien, mais alors là rien à voir avec être une femme. Je dirais même qu’il s’agit là de concepts diamétralement opposés, voire irréconciliables. On n’est pas une femme parce qu’on porte du maquillage et du parfum, qu’on porte un soutien gorge et des talons hauts et qu’on se fait prendre en levrette. C’est dénigrant et réducteur.

Mais voilà, c’était décidé, c’était ce qu’il avait toujours voulu et j’avoue que je me l’expliquais alors difficilement. C’était un jeu de chambre mais finalement non? Quelle satisfaction pouvait-il y avoir à être Roxanne? Pourquoi avoir toujours abordé la chose en mode BDSM, et surtout avec autant de scénarios délibérément humiliants?

Billet suivant : 4. Ma vision de la femme

 

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