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Articles de la catégorie ‘Féminité’

Entretien avec Florence, 2e partie

tilt shift photography of microphone

Photo by Erkan Utu on Pexels.com

Florence, comment as-tu décidé que le moment était venu de passer à l’acte, de faire ta transition?

Ça devenait impossible à vivre pour moi. Il faut comprendre que, depuis toujours, je me levais le matin et chaque fois que j’étais sollicitée par une vision féminine, j’étais… j’éprouvais de la jalousie. Mes premières pensées étaient « J’aimerais bien avoir ses fesses, j’aimerais bien avoir ses seins, j’aimerais bien avoir ses cheveux, j’aimerais bien avoir sa tête, j’aimerais bien avoir son visage. »

Même quand je regardais un homme, je me disais « C’est sûr que si j’avais son corps, » tu sais, un homme plus petit, plus chétif, « si j’avais son corps, je ne me poserais pas de question, je ferais la transition. » C’était toujours le résultat qui m’inquiétait. Je me disais que je voulais être une femme, mais pas une femme horrible. Je ne veux pas être un homme déguisé en femme, je veux être une femme et assimilée à ce genre-là vis-à-vis de la société. Puis je me disais que c’est sûr que si je me fais juste pousser les cheveux, ça n’arrivera jamais. J’étais loin d’imaginer le pouvoir des hormones, tout ce que ça peut changer.

Donc, pour moi, il fallait une base importante de féminité pour pouvoir avoir le droit de le faire, sinon ce n’était pas autorisé pour moi, j’avais un corps trop mal fait, trop masculin pour pouvoir m’autoriser ça. À un moment donné, ça devenait horrible pour moi, c’était sans arrêt, je me levais avec ça. Et tout ce qu’on a fait dans notre sexualité, dans mes stimulations sexuelles, m’emmenait toujours plus loin. Même si c’était seule et que je ne t’en parlais pas, ça m’emmenait toujours plus loin. C’était invivable parce que je n’arrivais à penser qu’à la transition.

C’était omniprésent.

Oui, c’était sans arrêt dans ma tête. Je me couchais avec, je rêvais de ça, je me levais avec, je vivais toute ma journée avec, c’était impossible de me concentrer sur autre chose que « Fais-le, fais-le pas. Fais-le, fais-le pas. Fais-le, fais-le pas. » C’était ça du matin au soir. Donc là, c’est arrivé un moment où je n’en pouvais plus. Tout comme il y a cinq ans, on avait commencé cette démarche, puis arrêté car je n’étais pas prête. En début d’année, on était à un moment où il fallait que je prenne la décision, et que je la prenne pour moi, pour la première fois.

Donc rapidement, on en a parlé à tout notre entourage, toi de ton côté, nos amis, les collègues, la famille, ta fille. Comment as-tu vécu les réactions de ton entourage?

Ben écoute, plutôt bien! J’anticipais évidemment énormément. Quand on a accumulé autant d’années de cachoteries, on est persuadé que ça va être une bombe atomique à la sortie. Tu sais, c’est visible. Une fois que tu as dit ça à une personne, elle ne peut plus te regarder de la même façon. C’est pas comme dire « Moi, j’aime les talons hauts. Je suis un homme mais j’aime les talons hauts. » Là, tout le monde va rigoler cinq minutes mais personne ne va changer sa vision qu’il a de toi. Juste quand on parlera de moi : « Ah oui, lui, il trippe sur les talons hauts, » tu vois? Non, c’est pas la même chose. Quand tu as dit ça à quelqu’un qui t’as perçu depuis qu’il te connaît comme un être qui est un homme, qui est assimilé à un homme, il ne peut plus te regarder de la même façon.

Un homme viril…

Oui, un homme avec tout ce que t’as voulu que ça représente. Un homme avec tous les éléments qu’il a mis en place pour cacher tout ce qu’il ne voulait pas montrer. Donc, un homme viril, un homme qui fait des blagues bien sexistes, un homme caché derrière toute sa testostérone, dans toute sa grandeur, mais qui n’est pas la réalité. Donc dire ça à quelqu’un, c’est carrément le masque qui tombe. C’est « Mon dieu! Ce n’était pas du tout ça. Il portait un costume depuis le début et je ne le voyais pas. » C’est comme découvrir qui se cache derrière Youppi, tu sais, si un jour il enlève son costume et que tu vois que c’est toute petite fille qui s’y cache, tu vas te dire « Mon dieu, je ne le voyais pas comme ça. » Ou c’est un gros bonhomme barbu mais, forcément, c’est « Je ne l’imaginais pas comme ça. » Donc c’était ça. Le masque était tellement épais, le costume était tellement important et cachait toute la réalité que de le dire à quelqu’un c’était… plus jamais il ne me verrait de la même façon. Plus jamais il ne pourrait me regarder comme avec le costume parce que je viens de l’enlever le costume, et il a vu ce qu’il y a vu ce qu’il y a dessous.

Alors que finalement, tout s’est très bien passé, les réactions n’ont été que positives.

Oui, tout s’est très bien passé. J’ai évidemment choisi les personnes à qui je l’ai dit dans un premier temps, au fur et à mesure que ça avançait, de la plus safe à la moins safe. Mais même les gens que je catégorisais dans les moins safe, de qui j’attendais une réaction de… d’exploser de rire, de rigoler, de se moquer : pas du tout. Je n’ai eu que des réactions très positives peut-être du fait du sérieux de la chose, c’est-à-dire du fait qu’on ne peut pas imaginer que, ça légitimise, « Ça doit être sérieux pour qu’il ose le faire… »

C’est trop gros pour ne pas être vrai.

C’est ça. C’est trop gros pour ne pas être vrai, c’est trop gros pour être pris à la légère et se moquer parce que pour faire le move qu’elle vient de faire, ça prend énormément de courage, ce n’est pas juste une annonce dont tout le monde se doutait.

Comment as-tu vécu la période qui a duré un mois ou deux, où je vivais beaucoup de confusion vis-à-vis de ta transition?

Super mal. C’était vraiment très, très difficile. C’est la période de ma vie où je n’ai jamais ressenti autant de peine dans mon cœur et en moi, parce que je ne voyais pas le changement, je ne comprenais pas et je ne m’attendais pas à cette réaction de toi—qui est normale, d’ailleurs. Ce n’était pas un problème de réaction, c’était un problème d’attentes face à des réactions. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus fluide et compréhensif. Je comprends les incompréhensions, je comprends tout ça mais je n’avais pas le sentiment d’avoir changé, je n’avais pas le sentiment que ça allait changer. D’ailleurs, je ne l’ai toujours pas le sentiment que ça va changer quelque chose en moi, je suis toujours la même personne. Ça va changer mon aspect extérieur.

Donc je ne comprenais pas ta réaction. Je ne me sentais plus rien à tes yeux. Je ne me voyais plus dans tes yeux. Je me voyais comme quelque chose qui n’allait pas être possible. Je ne me voyais plus comme quelque chose en quoi tu croyais. J’étais vide, comme une enveloppe charnelle et personne ne voyait rien en moi. Toi, tu ne voyais plus l’homme, tu ne voyais plus la personne, et tu ne voyais pas la nouvelle personne, donc tu ne comprenais pas la nouvelle personne, c’est surtout ça. Alors pour moi, ç’a été les deux mois les pires de ma vie. Je n’ai jamais senti autant de peine, je ne me suis jamais aussi mal sentie. Je me disais que j’avais pris la mauvaise décision, je me disais que jamais je n’aurais dû faire ça, j’aurais dû rester seule à souffrir dans ma tête et rester comme j’étais. Je n’aurais jamais dû me mettre à risque à ce point mais de toute façon, je ne pouvais pas faire marche arrière parce que tu le savais. Donc pour moi, ça s’en allait droit dans le mur; je ne voyais pas d’issue possible à cette situation. J’étais vraiment au plus bas que je n’ai jamais été.

On a eu ensuite une longue discussion qui a été assez difficile, qui a été cartes sur table et où tu as compris qu’il me manquait un morceau vis-à-vis de ce qu’étaient nos jeux sexuels versus la femme que tu allais devenir. C’est-à-dire que l’un n’était pas égal à l’autre et c’était la seule façon dont tu pouvais exprimer ta féminité. As-tu senti le rapprochement qui s’est fait par la suite?

Ah oui, ç’a été instantané. Quand je t’ai expliqué, quand on a repris l’explication… Parce que pour moi, dans ma tête, c’était clair, évident et limpide, alors que pour toi, pas du tout. Mais je ne l’avais pas compris, je ne l’avais pas vu. Je ne pouvais pas le voir parce que c’était tellement clair dans mon esprit que je ne pouvais pas imaginer que ce ne l’était pas dans le tiens.

Quand j’ai pris le temps de t’expliquer, quand j’ai vu les incompréhensions que tu avais face à ça, que tu associais toujours ça aux jeux sexuels, à comment j’avais choisi d’extérioriser ça pour me permettre de vivre toutes ces années sans faire de conneries ou même de penser à quelque chose de plus terrible, de le vivre en couple d’intégrer ces éléments sans que je me sente honteuse, sans que je me sente mal vis-à-vis de mes choix, mes goûts, qui j’étais réellement en fait. J’avais intégré le fait que, « OK, si ce n’est pas moi qui ai le contrôle, si c’est une personne qui me le demande, je peux le faire et je n’ai pas de honte à subir. » Donc, moi ça me permettait de l’extérioriser mais c’est sûr que tu as forcément fait cette association de jeux de chambre. Tu ne pouvais pas faire l’association entre la perte de contrôle et le fait de me permettre d’exprimer le genre que j’étais. Et tout cela par, évidemment, de l’hypersexualisation de la femme parce que je n’avais rien de féminin, donc il fallait aller dans les extrêmes pour que je puisse avoir une image de féminité.

Florence, est-ce que tu sais quel genre de femme tu veux être?

Je ne sais pas. La plus belle femme et la plus classieuse que je connaisse, c’est toi, et je le pense. Tu es une personne qui s’habille avec goût, avec classe, c’est toujours féminin, de bon goût, c’est toujours très coordonné. Je trouve belle la façon dont tu es.

Il ne faut pas oublier que je n’ai plus vingt ans non plus, je ne peux pas prendre comme modèle les filles que je vois qui sont jeunes, portent des jeans troués avec des talons hauts. Et dans les femmes plus âgées, je trouve que c’est ou du mauvais goût d’une femme qui ne veut pas vieillir, ou qui a vieilli trop vite. Je trouve que tu as vraiment le bon niveau.

Je ne sais pas ce que je veux être encore, je me découvre, je découvre ce que j’aime, et je découvre aussi le corps que je vais avoir parce que je vais devoir vivre avec.

Tout est en changement.

C’est ça, tout est en changement. Il y a des choses qui sont jolies sur toi qui ne le sont pas sur moi, des choses qui sont jolies sur les autres et qui me vont aussi. J’essaie de me voir avec mes atouts de femme et j’essaie de les mettre de l’avant. C’est certain que je ne peux pas dire exactement quel style j’aurai mais je crois que ton style adapté à mon corps, ton style qui est vraiment entre deux âges, du genre « Je suis une adulte assumée et classieuse, » j’aime beaucoup.

Merci chérie! Maintenant, au point où tu en es dans ta transition, est-ce que les choses avancent comme tu le souhaites?

Alors, oui, depuis peu. Depuis quelques semaines, je dirais fin août, j’aperçois du féminin dans le miroir. Je ne le voyais pas jusque-là, j’étais assez déprimée. Ça n’ira jamais assez vite pour moi, c’est certain, mais mes cheveux commencent à prendre de la longueur, les vêtements qu’on a trouvés, la façon dont je me maquille… tout cela fait que je n’ai pas l’impression d’être déguisée, j’ai l’impression d’être moi. Ça fait énormément de bien au moral. Pour la première fois, je me sens bien, je me sens bien dans ma transition. Le fait que tu m’accompagnes aussi fait que je me sens beaucoup mieux. Ce n’est plus une erreur dans ma tête, je suis en mode « Je me découvre, » je fais des essais, tout comme une adolescente le ferait.

Qu’aimes-tu le plus chez toi jusqu’à présent?

Ce que j’aime le plus? Ma poitrine et mon visage ; ce sont les deux choses que je trouve les plus féminines, enfin, à caractère sexuel féminin. Mon visage parce qu’il est assez doux et que je le trouve de plus en plus féminin, perte de poids aidant. C’est certain qu’il y a encore du travail mais je l’aime, je le trouve doux et, surtout, je ne vois pas un gros bonhomme quand je me regarde à la glace. Ma poitrine parce que c’est important avec la forme de mon corps, c’est un élément qui va permettre de me catégoriser côté femme plutôt que côté homme. Ce que je déteste, par contre, c’est le bas de mon corps, il n’y a pas un gramme de gras.

Ça viendra peut-être.

Je l’espère.

En terminant, comment entrevois-tu l’avenir?

De mieux en mieux. Tous les éléments sont en place pour que ça se passe bien. D’un point de vue social, ça se passe hyper bien ; la transition sociale est complète depuis cette semaine. C’est donc quelque chose qui est derrière moi. Dans notre couple, notre vie privée, les gros enjeux, les gros bloquants sont réglés. Je vois ton regard sur moi changer, je revois de l’amour dans tes yeux, dans tes gestes, dans tes façons de te comporter avec moi. Je vois l’avenir plutôt bien et je crois que dans peu de temps, toute cette période sera derrière nous et on en rigolera. Cependant, c’est beaucoup plus dur à traverser que je le croyais.

Ça nous fera des choses intéressantes à raconter dans notre maison de retraite!

Oui, c’est clair!

Merci, Florence.

Avec plaisir.

* Fin de l’entretien *

Entretien avec Florence (1re partie)

tilt shift photography of microphone

Photo by Erkan Utu on Pexels.com

Il y a quelque temps déjà que je voulais faire un entretien avec Florence. Vous avez toute cette histoire de transition de mon point de vue, mais il vous manque l’autre côté de la médaille. J’ai donc préparé quelques questions pour Florence afin qu’elle se révèle un peu mais aussi pour équilibrer mes billets, vous donner (et me donner) du contexte. Voici la transcription de cet entretien en deux parties. Lire la Suite

Danser et magasiner

J’ai mis du temps à pondre un nouveau billet. J’ai mis du temps parce qu’une rechute de dépression assez sévère s’est pointée sans invitation et sans que j’aie pu l’anticiper. Elle m’a frappée de plein fouet. Un jour j’étais bien, le lendemain sur une pente descendante. Quelques jours plus tard, j’avais atteint le fond : découragement, épuisement, idées noires, pensées suicidaires en prime. Lire la Suite

Perfectionnisme

J’ai des tendances perfectionnistes… parfois, cela me sert plutôt bien, d’autres fois, cela engendre un agacement sans bon sens. Quand on est perfectionniste, on s’attend à ce que les autres le soient quand même un peu aussi. Quoique maintenant que j’y pense, « un peu perfectionniste » c’est comme être « un peu enceinte. » Enfin…

Surtout, ne confondez pas perfectionnisme et parfaite! Je veux dire que je porte attention aux détails, à l’agencement, à l’esthétisme, surtout pas que je suis sans faille ni faute.

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Soirée Sephora

 

sephoradix30

Le 26 juillet dernier, c’était l’événement Rouge chez Sephora Dix30. Je me suis dit que cela nous ferait une belle soirée et j’ai invité Florence.

sephora-rouge-cardPour celles et ceux qui ne connaissent pas ces événements, il s’agit de soirées ou de matinées, selon le cas, de shopping pour les membres Sephora VIB (Very Important Beauty!) Rouge. Des représentants de plusieurs marques sont sur place pour présenter les nouveautés et toutes les conseillères et conseillers Sephora sont là. Les client(e)s ont tout le loisir d’essayer les produits, d’obtenir des mini-makeovers, des échantillons, bref plus d’attention. Lire la Suite

4. Ma vision de la femme

D’ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire, être une femme? J’avoue ne m’y être que rarement attardée… être une femme, c’est les cheveux soyeux, la peau satinée, la douceur dans le regard, des gestes délicats, de la sensibilité, une voix veloutée, un maquillage léger. Non, non… ça c’est mon expression de la femme. Mais être une femme? J’essaye encore : c’est pouvoir donner la vie, être maternante. Pas faux mais pas complètement cela non plus. Je connais des femmes qui ne sont pas maternantes. Je connais des femmes qui n’ont pas d’enfant ; j’en suis. Allons-y autrement, avec ce que je sais de moi : je suis née femme avec le kit au complet. J’ai été élevée “en fille,” j’ai joué à la maîtresse d’école certes, mais mes poupées Barbie ont aussi piloté le Faucon Millénium. Je ne me sens pas étrangère dans mon corps, donc je dois bien me sentir femme.

Je suis féminine dans mon apparence : coiffure, maquillage, vêtements, bijoux. Je suis aussi plutôt féminine dans ma façon d’être : je favorise le consensus, suis une organisatrice-née, j’aime me sentir protégée et m’occuper des autres. J’ai toujours été comme ça. Me voilà donc rendue ici : je suis une femme féminine.

Je suis attirée par les hommes, j’aime les hommes et dans leurs yeux, je me vois femme. Je suis donc une femme féminine hétérosexuelle. Il m’est arrivé d’être attirée par une femme à quelques occasions, mais pas de tomber amoureuse. Dans leurs yeux, je me vois définitivement femme. Disons donc que je suis une femme féminine généralement hétérosexuelle. Voilà. Genre, expression du genre, orientation sexuelle.

Strong WomanMais l’essence même d’être une femme? Je n’y suis toujours pas. Pas de description universelle, en tous cas. Pour moi, c’est la douceur, aider les autres, avoir de l’empathie, faire le bien autour de soi. C’est aussi être forte, courageuse, résiliante, généreuse. C’est s’élever contre les réductions niaises, contre les généralisations, contre la violence, le sexisme, le racisme. C’est pouvoir compter sur soi, être indépendante, savoir tirer son épingle du jeu. Si je me relis, en fait, c’est surtout être un bon être humain… J’abandonne.

Une chose est sûre, je suis aujourd’hui la femme que j’ai toujours voulu être. Certes, j’aimerais avoir une meilleure carapace, plus de confiance en l’avenir, moins d’anxiété et d’inquiétudes, mais globalement j’y suis.

Je suis fière de m’être sortie pas si mal d’une famille tardivement éclatée et somme toute assez dysfonctionnelle. Je suis fière d’être débrouillarde et capable dans la vie, d’être intelligente et d’avoir du gros bon sens. Je suis fière d’être curieuse et de toujours chercher à en apprendre davantage, de vouloir devenir meilleure chaque jour. J’ai des intérêts variés, je forge des relations sincères, je cultive de rares mais précieuses amitiés, je m’éloigne des forces négatives pour focaliser sur les forces positives.

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3. Sa vision de la femme?

Un couple fort passe à travers les tempêtes. Un couple fort affronte les épreuves ensemble. Un couple fort relève les défis de la vie. Celui-ci est hors catégorie.

Je vous ai révélé plus tôt que mon mari aimait parfois prétendre être une femme. Il se transformait périodiquement en une version de la femme tout BDSM, et nous entreprenions alors des jeux de chambre pour une période donnée. Ces jeux de chambre nous menaient à toutes sortes de choses plus déglinguées les unes que les autres. Sans aller dans les détails de chacun des événements, sachez que nous avons joué tour à tour tous les rôles imaginables in inimaginables. Bref, depuis les tous débuts de notre relation amoureuse, pour moi, la féminité de mon mari n’en était pas réellement une. C’était un fantasme sexuel tout avoué qui tournait systématiquement autour de la femme soumise et de la pute.

Voilà donc qu’en janvier dernier (2018), mon mari m’annonce qu’il considère sérieusement l’idée d’effectuer une transition d’homme à femme et qu’il entreprend illico une démarche avec une psychologue spécialisée en la matière. Je l’avoue, je ne l’ai pas cru tout de suite ; j’ai par contre pensé que cette fois, ça allait trop loin. L’idée de la femme Roxanne que je connais n’a rien, mais alors là rien à voir avec être une femme. Je dirais même qu’il s’agit là de concepts diamétralement opposés, voire irréconciliables. On n’est pas une femme parce qu’on porte du maquillage et du parfum, qu’on porte un soutien gorge et des talons hauts et qu’on se fait prendre en levrette. C’est dénigrant et réducteur.

Mais voilà, c’était décidé, c’était ce qu’il avait toujours voulu et j’avoue que je me l’expliquais alors difficilement. C’était un jeu de chambre mais finalement non? Quelle satisfaction pouvait-il y avoir à être Roxanne? Pourquoi avoir toujours abordé la chose en mode BDSM, et surtout avec autant de scénarios délibérément humiliants?

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2. Travestisme?

J’ai rapidement su que mon mari aimait prétendre être une femme. Je n’avais pas envisagé la fantaisie avant mais elle m’a rapidement plu, particulièrement dû au contraste avec l’homme puissant et imposant qu’il était. C’est devenu un jeu partagé qui a débordé de la chambre à quelques occasions mais dont la sexualité avait toujours été le fil conducteur. Sous forme d’épisodes généralement entrecoupés de quelques mois, mon mari s’épilait entièrement le corps, se maquillait, coiffait sa perruque et enfilait des dessous féminins ; il devenait Roxanne. En soi, cela peut sembler peu attirant, voire ridicule, mais pour lui c’était extrêmement stimulant et synonyme de soumission dans son sens le plus BDSM.

C’est environ neuf mois après que nous nous soyons installés ensemble, après un épisode de Roxanne particulièrement intense, que j’ai suggéré à Frédéric de consulter un psychologue spécialisé en la matière, histoire de lever le voile sur ce qui se cachait réellement derrière ce jeu. Il a tout de suite été ouvert à l’idée. En y repensant, je ne sais plus mettre le doigt sur ce qui m’avait poussé à faire cette recommandation à l’époque, mais je me dis que j’avais un peu un sixième sens.

Les consultations ont mené à quelques échanges intéressants mais, après trois ou quatre séances, Frédéric a décidé d’y mettre un terme. Selon ses dires, le sujet était clos : c’était un jeu de chambre. J’avoue que, sur le coup, cela m’a rassurée. Ce n’est que tout récemment qu’il m’a avoué que c’était loin d’être clos, qu’il savait que sa démarche allait le mener exactement là où il en est aujourd’hui, c’est-à-dire en pleine transition, mais qu’il n’était pas prêt. Ni à l’entendre, ni à le vivre.

La vie fait bien les choses. Elle a d’ailleurs suivi son cours et nous nous retrouvons un peu plus de quatre ans plus tard, au moment de ce blogue.

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