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Articles de la catégorie ‘Période transitoire’

Entretien avec Florence (1re partie)

tilt shift photography of microphone

Photo by Erkan Utu on Pexels.com

Il y a quelque temps déjà que je voulais faire un entretien avec Florence. Vous avez toute cette histoire de transition de mon point de vue, mais il vous manque l’autre côté de la médaille. J’ai donc préparé quelques questions pour Florence afin qu’elle se révèle un peu mais aussi pour équilibrer mes billets, vous donner (et me donner) du contexte. Voici la transcription de cet entretien en deux parties. Lire la Suite

Perfectionnisme

J’ai des tendances perfectionnistes… parfois, cela me sert plutôt bien, d’autres fois, cela engendre un agacement sans bon sens. Quand on est perfectionniste, on s’attend à ce que les autres le soient quand même un peu aussi. Quoique maintenant que j’y pense, « un peu perfectionniste » c’est comme être « un peu enceinte. » Enfin…

Surtout, ne confondez pas perfectionnisme et parfaite! Je veux dire que je porte attention aux détails, à l’agencement, à l’esthétisme, surtout pas que je suis sans faille ni faute.

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Les chemises de l’archiduchesse

shirt_clotheslineOn n’aime pas tellement le souligner mais la période de transformation physique est parfois juste bizarre. Rien ne va plus parmi les vêtements d’homme, rien ne va encore vraiment dans les vêtements de femme. Je pense que c’est peut-être plus facile pour ceux/celles qui ont naturellement une forme plus androgyne mais Florence a tout sauf un corps androgyne.

Frédéric avait une belle garde-robe masculine : complets, pantalons, chemises, tout pour le boulot était de très bonne qualité, de quoi avoir fière allure et être toujours très confiant, en pleine possession de ses moyens. Lire la Suite

Coming-Out

C’est de mars à juin que Florence a fait l’essentiel de ses coming-out. La famille proche, les amis proches, parfois en petits groupes, parfois individuellement : dans cette courte période, nous avons reçu chez nous presque tout le monde. Bien qu’un brin étourdissants, j’ai tout de même eu le bonheur de constater lors de ces repas en bonne compagnie que nous sommes choyés d’avoir à nos côtés des gens qui supportent Florence à 100%. D’excellentes conversations, pas de jugement et beaucoup de questions auxquelles il nous a fait plaisir de répondre. Lire la Suite

8. Mes réactions

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Cette période transitoire entre l’homme qu’il était et la femme qu’elle devient change donc beaucoup de choses physiquement, certaines déjà visibles à l’oeil nu. Ces changements sont souhaités, souhaitables et nécessaires à la transition de genre qui s’opère. D’aucuns diront qu’ils sont superficiels, que la personne que l’on aime est à l’intérieur. Mais nous, les humains, mammifères bipèdes, répondons à des stimuli qui sont encore très animaux, très inconscients. Nos sens, l’odorat, le toucher, sont autant d’éléments qui sont au coeur de la formation de l’attachement que nous avons l’un pour l’autre. C’est vrai pour une maman et son enfant, c’est aussi vrai pour les couples.

Cette période transitoire change aussi beaucoup de choses qui ne sont pas visibles mais qui sont perceptibles et qui ont des ramifications très profondes, au coeur même de notre couple. Ce sont ces changements que je trouve les plus ardus à surmonter. Mes réactions à ces changements sont sournoises, me surprennent alors que je croyais que les eaux étaient calmes. Mais ces réactions sont viscérales. Il est parfois difficile de les expliquer mais certainement impossible de les nier.

Je dois me rappeler que c’est ok. Que je fais de mon mieux. Ça aide d’en parler, d’essayer de décrypter mes réactions, de relater ce qui se passe en moi. Je sais maintenant que cela fait partie de ce qui est aussi en quelque sorte ma transition.

Billet suivant : 9. Et ma transition, elle?

 

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7. Petits et grands changements

La coupure de testostérone et l’ajout d’oestrogène viennent ensemble complètement bouleverser le corps de ma Florence. Je suis heureuse pour elle que tous ces changements tant souhaités s’opèrent enfin. Voici un petit aperçu de ce que cela représente.

La peau

C’est arrivé soudainement : elle s’est réveillée un matin et sa peau était plus soyeuse. Ce fut un des premiers changements, une peau toute douce, toute rose, comme toute neuve. Florence resplendit, vraiment. Toutes les femmes en sont jalouses. Adieu la peau d’homme, celle qui est un peu plus rêche, qui est telle que l’on sait qu’on caresse un homme.

Les poils

J’aimais Frédéric et son corps d’homme. Ses cuisses puissantes, ses fesses bien rondes, son ventre, son torse poilus. Même les poils du dos! J’aimais le respirer, l’humer. J’aimais cette fourrure qui me chatouillait les narines. Eh bien, c’en est terminé. Florence s’épile, bien sûr, mais les hormones font aussi que ses poils repoussent très lentement et beaucoup plus fins. Adieu, pelage viril.

L’odeur

Là où j’ai eu le plus grand choc, c’est lorsque sa peau a perdu son odeur. Je me suis réveillée en pleine nuit, blottie contre son dos en pleurant. Je le cherchais, il était dans mes bras, mais ce n’était plus la même personne. On ne m’avait pas prévenue que son odeur corporelle allait disparaître soudainement. Je ne le savais pas, je n’ai pas pu l’anticiper, m’en rassasier, m’en saouler avant de la perdre. Quelle mauvaise surprise. Je l’ai très mal vécu, j’ai été en colère, et je suis encore prise d’une profonde tristesse lorsque j’en parle. C’est ici un vrai deuil pour moi.

L’odeur de Frédéric, c’était celle de l’amour, c’était ma maison, c’était mon bien-être lorsque je me blottissais à ses côtés. Florence n’aurait pas la même odeur, apparemment. En fait, Florence n’a pas vraiment d’odeur. Elle sent le bébé, elle sent le neuf et, six mois plus tard, je n’y ai pas encore formé d’attachement. Je reste confiante, cela viendra et je vous promets d’y revenir lorsque ce sera le cas.

La masse

Les hormones font leur travail et, aidées d’un grand soin apporté à son alimentation, Florence a perdu du poids. Beaucoup de poids. En six mois, ce sont près de 60 lbs qui se sont envolées. La perte de poids n’est pas que de la masse grasse, puisque les hormones occasionnent une féminisation de la silhouette. Cela signifie une réduction importante de la masse musculaire, et une redistribution des graisses des endroits typiquement masculins (ventre) vers les endroits typiquement féminins (seins, fesses, cuisses, notamment).

C’est un changement global qui s’opère lentement mais qui, à six mois, est déjà apparent : les biceps ont fondu, les épaules et le dos se sont affinés, le cou aussi. Les muscles des cuisses ont fondu. La poitrine naissante se dessine. C’en est fait de mon nounours d’amour large, fort, imposant. C’est mon oursonne qui prend forme.

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