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Soirée Sephora

 

sephoradix30

Le 26 juillet dernier, c’était l’événement Rouge chez Sephora Dix30. Je me suis dit que cela nous ferait une belle soirée et j’ai invité Florence.

sephora-rouge-cardPour celles et ceux qui ne connaissent pas ces événements, il s’agit de soirées ou de matinées, selon le cas, de shopping pour les membres Sephora VIB (Very Important Beauty!) Rouge. Des représentants de plusieurs marques sont sur place pour présenter les nouveautés et toutes les conseillères et conseillers Sephora sont là. Les client(e)s ont tout le loisir d’essayer les produits, d’obtenir des mini-makeovers, des échantillons, bref plus d’attention. Lire la Suite

Stress, tempête et accalmie

Nous avons surfé sur la vague des réactions positives au coming-out de Florence et c’est là, entre mars et mai (2018), alors que mes questions prenaient forme, que mes inquiétudes face au sérieux de la démarche ont lentement fait surface. Comment pouvait-on passer de Roxanne à Florence, deux images aux antipodes l’une de l’autre?

Je reviens sur ce sujet car c’en est un qui m’a marquée. Lire la Suite

Coming-Out

C’est de mars à juin que Florence a fait l’essentiel de ses coming-out. La famille proche, les amis proches, parfois en petits groupes, parfois individuellement : dans cette courte période, nous avons reçu chez nous presque tout le monde. Bien qu’un brin étourdissants, j’ai tout de même eu le bonheur de constater lors de ces repas en bonne compagnie que nous sommes choyés d’avoir à nos côtés des gens qui supportent Florence à 100%. D’excellentes conversations, pas de jugement et beaucoup de questions auxquelles il nous a fait plaisir de répondre. Lire la Suite

9. Et ma transition, elle?

Enfin, on y arrive. Oui, c’est ma douce moitié qui fait sa transition d’homme à femme, mais moi, je dois aussi faire une transition à plusieurs égards.

Appelons les choses par leur nom, c’est une transition d’orientation sexuelle que je dois faire. Bien qu’aujourd’hui aucune opération de réassignation sexuelle ne soit prévue, son corps devient celui d’une femme. Je l’aime profondément mais, si notre couple doit survivre, il faut que j’aime Florence passionnément, que je la désire. Et ça, ça demande une adaptation que je dois choisir de faire… même si on me l’impose un peu. Je dois apprendre à aimer, à désirer son corps de femme. Quand on sait que presque tout ce qui est sexualité et intimité est largement émotif et lié à nos instincts, “apprendre à désirer” me semble parfois bien ambitieux…

Surtout, ne lisez pas là des doutes insurmontables. J’ai envie de plonger et j’ai peur en même temps. Simple, non? Ce n’est pas difficile de voir Florence dans ses vêtements féminins, mais de désirer Florence dans ses vêtements féminins, de la désirer dans son corps de femme, en ce moment, c’est plus compliqué. Avec Florence, nous avons convenu de prendre les choses un jour à la fois, une caresse à la fois. Après des moments plus difficiles sur ce plan depuis le début de sa transition, je peux maintenant dire que la mienne avance lentement mais sûrement.

En terminant, n’oublions pas que c’est aussi une question d’affirmation de ma nouvelle orientation sexuelle. Je dois sortir du garde-robe. Je ne vais quand même pas me mettre à expliquer que lorsque je dis “ma femme,” en réalité, elle a encore un appareil reproducteur masculin, donc je ne suis pas vraiment homosexuelle. Non. Quand je dirai “ma femme,” cela voudra dire ma femme, peu importe ce qu’elle a dans le pantalon (ou dans la jupe). Adieu privilège anonyme de femme hétérosexuelle. Bonjour les têtes qui se retournent à la moindre mention de “mon épouse.” Ce sera certainement une adaptation.

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8. Mes réactions

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Cette période transitoire entre l’homme qu’il était et la femme qu’elle devient change donc beaucoup de choses physiquement, certaines déjà visibles à l’oeil nu. Ces changements sont souhaités, souhaitables et nécessaires à la transition de genre qui s’opère. D’aucuns diront qu’ils sont superficiels, que la personne que l’on aime est à l’intérieur. Mais nous, les humains, mammifères bipèdes, répondons à des stimuli qui sont encore très animaux, très inconscients. Nos sens, l’odorat, le toucher, sont autant d’éléments qui sont au coeur de la formation de l’attachement que nous avons l’un pour l’autre. C’est vrai pour une maman et son enfant, c’est aussi vrai pour les couples.

Cette période transitoire change aussi beaucoup de choses qui ne sont pas visibles mais qui sont perceptibles et qui ont des ramifications très profondes, au coeur même de notre couple. Ce sont ces changements que je trouve les plus ardus à surmonter. Mes réactions à ces changements sont sournoises, me surprennent alors que je croyais que les eaux étaient calmes. Mais ces réactions sont viscérales. Il est parfois difficile de les expliquer mais certainement impossible de les nier.

Je dois me rappeler que c’est ok. Que je fais de mon mieux. Ça aide d’en parler, d’essayer de décrypter mes réactions, de relater ce qui se passe en moi. Je sais maintenant que cela fait partie de ce qui est aussi en quelque sorte ma transition.

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7. Petits et grands changements

La coupure de testostérone et l’ajout d’oestrogène viennent ensemble complètement bouleverser le corps de ma Florence. Je suis heureuse pour elle que tous ces changements tant souhaités s’opèrent enfin. Voici un petit aperçu de ce que cela représente.

La peau

C’est arrivé soudainement : elle s’est réveillée un matin et sa peau était plus soyeuse. Ce fut un des premiers changements, une peau toute douce, toute rose, comme toute neuve. Florence resplendit, vraiment. Toutes les femmes en sont jalouses. Adieu la peau d’homme, celle qui est un peu plus rêche, qui est telle que l’on sait qu’on caresse un homme.

Les poils

J’aimais Frédéric et son corps d’homme. Ses cuisses puissantes, ses fesses bien rondes, son ventre, son torse poilus. Même les poils du dos! J’aimais le respirer, l’humer. J’aimais cette fourrure qui me chatouillait les narines. Eh bien, c’en est terminé. Florence s’épile, bien sûr, mais les hormones font aussi que ses poils repoussent très lentement et beaucoup plus fins. Adieu, pelage viril.

L’odeur

Là où j’ai eu le plus grand choc, c’est lorsque sa peau a perdu son odeur. Je me suis réveillée en pleine nuit, blottie contre son dos en pleurant. Je le cherchais, il était dans mes bras, mais ce n’était plus la même personne. On ne m’avait pas prévenue que son odeur corporelle allait disparaître soudainement. Je ne le savais pas, je n’ai pas pu l’anticiper, m’en rassasier, m’en saouler avant de la perdre. Quelle mauvaise surprise. Je l’ai très mal vécu, j’ai été en colère, et je suis encore prise d’une profonde tristesse lorsque j’en parle. C’est ici un vrai deuil pour moi.

L’odeur de Frédéric, c’était celle de l’amour, c’était ma maison, c’était mon bien-être lorsque je me blottissais à ses côtés. Florence n’aurait pas la même odeur, apparemment. En fait, Florence n’a pas vraiment d’odeur. Elle sent le bébé, elle sent le neuf et, six mois plus tard, je n’y ai pas encore formé d’attachement. Je reste confiante, cela viendra et je vous promets d’y revenir lorsque ce sera le cas.

La masse

Les hormones font leur travail et, aidées d’un grand soin apporté à son alimentation, Florence a perdu du poids. Beaucoup de poids. En six mois, ce sont près de 60 lbs qui se sont envolées. La perte de poids n’est pas que de la masse grasse, puisque les hormones occasionnent une féminisation de la silhouette. Cela signifie une réduction importante de la masse musculaire, et une redistribution des graisses des endroits typiquement masculins (ventre) vers les endroits typiquement féminins (seins, fesses, cuisses, notamment).

C’est un changement global qui s’opère lentement mais qui, à six mois, est déjà apparent : les biceps ont fondu, les épaules et le dos se sont affinés, le cou aussi. Les muscles des cuisses ont fondu. La poitrine naissante se dessine. C’en est fait de mon nounours d’amour large, fort, imposant. C’est mon oursonne qui prend forme.

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6. Les peurs

Depuis la conversation où j’ai enfin compris la raison du comment du pourquoi, 1) je suis plus relax, 2) nous communiquons beaucoup plus et mieux, 3) je suis plus engagée dans la transition de ma dulcinée, 4) j’ai moins peur.

Parce que, oui, j’ai quand même un peu peur. Pas peur au point d’en être paralysée, de ne plus pouvoir avancer ; des peurs qui sont des craintes, des inquiétudes, des « et si… »

Peur des regards qui se posent sur elle un peu trop longtemps. Peur des moqueries dont elle pourrait faire l’objet. Peur qu’elle n’obtienne pas les résultats escomptés un fois au bout des changements hormonaux. Peur qu’elle se décourage des efforts qu’elle doit continuellement faire. Peur aussi des regards posés sur moi, des jugements. Définitivement peur de ce qui se passera lorsque nous voyagerons ailleurs qu’au Canada—il ne faut pas se leurrer, nous sommes ici choyées.

Peur aussi de ne plus reconnaître son corps qui change tellement vite. Peur d’avoir moins de désir, moins de plaisir. Peur que mon propre corps me trahisse.

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5. J’ai (enfin) compris

Le billet précédent me laissait pantoise devant des questions fondamentales sur notre passé de couple, sur nos jeux de chambre versus les perspectives d’avenir :

C’était un jeu de chambre mais finalement non? Quelle satisfaction pouvait-il y avoir à être Roxanne? Pourquoi avoir toujours abordé la chose en mode BDSM, et surtout avec autant de scénarios délibérément humiliants?

Entre ces questions et leur résolution, il s’est passé plusieurs mois. C’est que ces questions ont mis du temps à s’articuler. Elles sont nées d’impressions floues, de sentiments confus, d’incompréhensions vagues—le tout mijoté sur une longue période. Elles ont vu mes émotions en tourbillon et, je le dis en toute honnêteté, une certaine colère monter en moi.  Colère et déception sur ce qu’était qu’être une femme aux yeux de la personne que j’aimais. S’il/elle voyait d’un tel oeil être une femme, était-ce ce qu’il/elle croyait que j’étais?

Les jeux de chambre, c’est une chose. Être une femme, ce n’est pas (que) ÇA. Comme je n’avais jamais vu quelque autre trait féminin chez mon époux, j’en comprenais que sa vision de la femme était réduite à ÇA.

Finalement, après une longue conversation avec la principale intéressée, j’ai compris. J’ai compris qu’elle n’avait jamais pu oser et que ce n’était que dans un cadre bien précis, nommément très BDSM, qu’elle pouvait se laisser aller à ne serait-ce qu’un tout petit coin d’une pâle copie d’une photocopie de l’original(e). Porter une robe de nuit, par exemple, alors qu’elle n’était pas dans ce cadre aurait été impensable pour elle. Elle se serait trouvée ridicule, son identité d’homme très homme ne l’aurait pas permis.

Elle devait faire tomber son identité d’homme pour pouvoir enfin être la femme qu’elle souhaitait devenir. Il n’y avait, pour elle, aucune dualité, aucune fluidité possible, aucun espoir de cohabitation civile.

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D’ailleurs, depuis le jour où Frédéric est tombé au combat (au sens figuré, bien sûr), plus rien de celle qui était à une certaine époque Roxanne n’est revenu. Les voiles BDSM sont tombés pour révéler Florence et je m’en trouve rassurée, réconciliée avec ce qu’est l’image de la femme pour mon épouse.

Toute ma colère et ma déception se sont évaporées lors de cette conversation. Je me demande comment il est possible que je n’aie pas saisi cela plus tôt, surtout en me relisant aujourd’hui.

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4. Ma vision de la femme

D’ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire, être une femme? J’avoue ne m’y être que rarement attardée… être une femme, c’est les cheveux soyeux, la peau satinée, la douceur dans le regard, des gestes délicats, de la sensibilité, une voix veloutée, un maquillage léger. Non, non… ça c’est mon expression de la femme. Mais être une femme? J’essaye encore : c’est pouvoir donner la vie, être maternante. Pas faux mais pas complètement cela non plus. Je connais des femmes qui ne sont pas maternantes. Je connais des femmes qui n’ont pas d’enfant ; j’en suis. Allons-y autrement, avec ce que je sais de moi : je suis née femme avec le kit au complet. J’ai été élevée “en fille,” j’ai joué à la maîtresse d’école certes, mais mes poupées Barbie ont aussi piloté le Faucon Millénium. Je ne me sens pas étrangère dans mon corps, donc je dois bien me sentir femme.

Je suis féminine dans mon apparence : coiffure, maquillage, vêtements, bijoux. Je suis aussi plutôt féminine dans ma façon d’être : je favorise le consensus, suis une organisatrice-née, j’aime me sentir protégée et m’occuper des autres. J’ai toujours été comme ça. Me voilà donc rendue ici : je suis une femme féminine.

Je suis attirée par les hommes, j’aime les hommes et dans leurs yeux, je me vois femme. Je suis donc une femme féminine hétérosexuelle. Il m’est arrivé d’être attirée par une femme à quelques occasions, mais pas de tomber amoureuse. Dans leurs yeux, je me vois définitivement femme. Disons donc que je suis une femme féminine généralement hétérosexuelle. Voilà. Genre, expression du genre, orientation sexuelle.

Strong WomanMais l’essence même d’être une femme? Je n’y suis toujours pas. Pas de description universelle, en tous cas. Pour moi, c’est la douceur, aider les autres, avoir de l’empathie, faire le bien autour de soi. C’est aussi être forte, courageuse, résiliante, généreuse. C’est s’élever contre les réductions niaises, contre les généralisations, contre la violence, le sexisme, le racisme. C’est pouvoir compter sur soi, être indépendante, savoir tirer son épingle du jeu. Si je me relis, en fait, c’est surtout être un bon être humain… J’abandonne.

Une chose est sûre, je suis aujourd’hui la femme que j’ai toujours voulu être. Certes, j’aimerais avoir une meilleure carapace, plus de confiance en l’avenir, moins d’anxiété et d’inquiétudes, mais globalement j’y suis.

Je suis fière de m’être sortie pas si mal d’une famille tardivement éclatée et somme toute assez dysfonctionnelle. Je suis fière d’être débrouillarde et capable dans la vie, d’être intelligente et d’avoir du gros bon sens. Je suis fière d’être curieuse et de toujours chercher à en apprendre davantage, de vouloir devenir meilleure chaque jour. J’ai des intérêts variés, je forge des relations sincères, je cultive de rares mais précieuses amitiés, je m’éloigne des forces négatives pour focaliser sur les forces positives.

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3. Sa vision de la femme?

Un couple fort passe à travers les tempêtes. Un couple fort affronte les épreuves ensemble. Un couple fort relève les défis de la vie. Celui-ci est hors catégorie.

Je vous ai révélé plus tôt que mon mari aimait parfois prétendre être une femme. Il se transformait périodiquement en une version de la femme tout BDSM, et nous entreprenions alors des jeux de chambre pour une période donnée. Ces jeux de chambre nous menaient à toutes sortes de choses plus déglinguées les unes que les autres. Sans aller dans les détails de chacun des événements, sachez que nous avons joué tour à tour tous les rôles imaginables in inimaginables. Bref, depuis les tous débuts de notre relation amoureuse, pour moi, la féminité de mon mari n’en était pas réellement une. C’était un fantasme sexuel tout avoué qui tournait systématiquement autour de la femme soumise et de la pute.

Voilà donc qu’en janvier dernier (2018), mon mari m’annonce qu’il considère sérieusement l’idée d’effectuer une transition d’homme à femme et qu’il entreprend illico une démarche avec une psychologue spécialisée en la matière. Je l’avoue, je ne l’ai pas cru tout de suite ; j’ai par contre pensé que cette fois, ça allait trop loin. L’idée de la femme Roxanne que je connais n’a rien, mais alors là rien à voir avec être une femme. Je dirais même qu’il s’agit là de concepts diamétralement opposés, voire irréconciliables. On n’est pas une femme parce qu’on porte du maquillage et du parfum, qu’on porte un soutien gorge et des talons hauts et qu’on se fait prendre en levrette. C’est dénigrant et réducteur.

Mais voilà, c’était décidé, c’était ce qu’il avait toujours voulu et j’avoue que je me l’expliquais alors difficilement. C’était un jeu de chambre mais finalement non? Quelle satisfaction pouvait-il y avoir à être Roxanne? Pourquoi avoir toujours abordé la chose en mode BDSM, et surtout avec autant de scénarios délibérément humiliants?

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